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COVID-19 : Port du masque obligatoire à l'intérieur du château.

Après la défense, la plaisance

Échappant dans un premier temps aux guerres franco-espagnoles, la vallée de la Meuse est occupée par les troupes françaises en 1554. L’artillerie du duc de Nevers n’épargne pas les forteresses mosanes, qui sont largement ravagées. Mais Freÿr renaît de ses cendres par la volonté de Guillaume de Beaufort-Spontin qui reconstruit un manoir en 1571. Cet édifice sera agrandi sous Hubert de Spontin en un quadrilatère flanqué de tours d’angle trop frêles pour être défensives, mais là n’est plus la vocation de l’édifice. Dès 1637, Freÿr devient une maison de plaisance de style renaissance. C’est encore le sien aujourd’hui.

Guerre, paix et café

Au 17e, les régions qui constituent aujourd’hui la Belgique sont le champ de bataille de l’Europe. La France, l’Espagne, l’Autriche, l’Angleterre et les Provinces-Unies s’affrontent, notamment lors de la « Guerre de Hollande ». À cette époque et lors des décennies qui suivront, les Spontins gagnent en richesse et en puissance. Ils adoptent le nom de Beaufort-Spontin.

C’est au château qu’en 1675, Français et Espagnols négocient le « Traité de Freÿr » rétablissant le commerce sur la Meuse – il le faut pour le ravitaillement de leurs troupes respectives. Le traité sera également appelé « Traité du café » car la première tasse de ce breuvage en pays wallon y aurait été dégustée.

Résidence ducale

Suite au renversement des alliances en 1758, le pays connaît une ère de paix et de prospérité. Sous la houlette de Frédéric-Auguste de Beaufort-Spontin, que l'empereur Joseph II a fait duc, le château est réaménagé pour devenir une résidence à la haureur de son rang. C'est l'apogée de Freÿr.

Les déflagrations de 1789

Les années qui suivent la Révolution sont troublées : Freÿr fait soudain partie du département de Sambre-et-Meuse, donc de la France. Suivent les guerres napoléoniennes et le tomber de rideau tragique et théâtral de Waterloo, la retraite des troupes. Freÿr subit le passage des soldats de Grouchy, talonnés par les Russes et les Prussiens « qui boivent du vin, mangent et nous maltraitent », se lamente le concierge du château.

Les deux conflits mondiaux

Freÿr connait ensuite un siècle de paix. Conquérantes un siècle plus tôt, les troupes françaises sont à nouveau présentes en 1914, cette fois en défenseuses, ce qui vaudra au château, où sont stationnés des soldats de l'Hexagone, d’essuyer des tirs d’artillerie allemande. S’il est transformé en hôpital militaire allemand, le château échappe aux déprédations qui ont durement touché Dinant.

Gilda de Laubespin et ses enfants
Photo : F. Bonaert

Après-guerre

Sous la houlette de Francis Bonaert, époux de Gilda de Laubespin, Freÿr bénéficie de plusieurs campagnes de restauration. Alors que de nombreux édifices, trop lourds à sauvegarder et peu conformes aux normes de confort du 20ème siècle, sont négligés, voire abandonnés par leurs propriétaires, le domaine (château et jardins) est patiemment entretenu et aménagé. Les grilles s’ouvrent au public dès la fin des années ’40.